Le stress. Voilà un sujet qui cause bien des soucis à bon nombre d’entre nous… Et qui remplit les cabinets des coachs, psys et autres thérapeutes, dont je fais partie.

Pourtant, le stress n’est pas une mauvaise chose en soi. Il est même indispensable à notre survie. Le stress est en effet conçu pour nous protéger des dangers extérieur (un prédateur) ou intérieur (une bactérie, un aliment toxique, un virus…). C’est un véritable système de défense, mis au point par tous les organismes, les animaux, comme les plantes, depuis la nuit des temps, pour perpétuer la vie. Sans stress, nous ne ferions pas long feu.

Le stress, un ami qui nous veut du bien

Alors concrètement, ça se passe comment ? Et bien imaginez un instant, qu’il y a quelques milliers d’années, nous nous baladons pour cueillir quelques baies pour le repas de midi. Et voilà que déboule un ours de cavernes, qui lui est bien décidé à faire de nos petites personnes son repas de midi…

Mais fort heureusement pour nous, notre corps repère le danger, il se met en mode stress pour nous permettre de nous battre (et de dézinguer l’ours de cavernes), de fuir en grimpant en haut d’un arbre ou en courant très vite, ou bien en nous figeant en espérant passer inaperçu.

Deux cas de figure grosso modo se présentent alors : l’ours des cavernes a triomphé et nous voilà morts. Fin de l’histoire. Ou alors nous lui avons échappé, et (souffle), notre corps se remet petit à petit de cette crise, et s’apaise, le phénomène de stress s’arrête, et notre corps revient en mode zen. La vie reprend son cours, tranquillement. Le calme après la tempête. Tout est parfait.

Il est où le problème avec le stress ?

Mais chez les êtres humains, l’évolution de notre cerveau a crée ce qu’on peut appeler un véritable bug au niveau de toute cette histoire de stress. Je vous parlerai de ce sujet passionnant qu’est l’évolution du cerveau et son lien avec le stress dans une autre chronique. Mais disons que pour faire simple, aujourd’hui, nous stressons pour des dangers qui n’en sont pas vraiment. Si nous ne faisons rien, ce mécanisme est plus fort que nous. Je prends un exemple assez bateau, mais qui parle à pas mal de personnes. Parler en public ou derrière un micro. C’est souvent une source de stress énorme, qui conduit à des états d’impuissance, de manque de confiance, d’une voix complètement crispée, d’un sentiment de malaise dans tout le corps…

Quand le stress devient un enfer

Pourquoi ? Parce que notre cerveau considère que s’exposer face à d’autres personnes est aussi dangereux qu’un ours des cavernes. Notre cerveau ne fait pas la différence entre un prédateur qui peut littéralement nous croquer et nous tuer. Et une assemblée d’autres êtres humains, qui au pire nous jugera, n’aimera pas ce qu’on fait, ce qu’on dit. Nous balancera peut-être une tomate ou un œuf pourri sur la tête ou des commentaires à la noix sur les réseaux sociaux. On ne va pas en mourir. Mais pour notre corps, et particulièrement la zone émotionnelle de notre cerveau, c’est pareil. Nous risquons le rejet, la critique, et aussi irrationnel que ça puisse paraître, c’est insupportable pour notre cerveau. Et le stress mental peut faire de gros dégâts dans notre psychisme et dans notre corps, puisque les deux sont liés.

Quand notre mental génère du stress à notre insu

Si nous prenons un peu de hauteur sur cet exemple, qu’est-ce qui déclenche le stress mental ? Et bien c’est notre système psycho-émotionnel. C’est à dire les pensées inconscientes que nous entretenons à l’intérieur de nous-mêmes… Des pensées sur les autres, sur nous-mêmes, sur nos capacités… Quand on a vraiment peur de parler en public, et bien tout un tas de petites voix se mettent à hurler à l’intérieur de nous, sans qu’on s’en rende compte, pour nous empêcher de prendre un risque considéré comme fatal. Et ces petites voix sont traduites en signaux corporels, qu’on appelle le trac : la voix nouée, mal au bide, nausée, on n’arrive plus à parler, on ne se rappelle ce qu’on voulait dire… Notre corps fait tout pour nous empêcher. Et donc ça bride totalement un élan de vie, qui consiste à avoir envie de partager, de s’exprimer… Donc on se coup l’herbe sous les pieds, et quand le stress est plus fort, nous sommes enfermés dans des limitations qui ne nous aident pas à nous épanouir.

Transformer notre système de pensées

Alors comment qu’on fait pour sortir de cette spirale ? Nous pouvons travailler avec des techniques qui apaisent le corps. Mais ça ne suffit pas. Il est aussi hyper important d’être vigilant aux pensées et aux croyances que nous entretenons sur nous-mêmes, sur les autres, sur la vie… Nos pensées, ce qu’on appelle en psychologie les « croyances », peuvent créer plus d’anxiété et de dégâts que la situation à laquelle nous faisons face.  

Comme disait notre cher philosophe Epictète,

« Ce qui nous trouble, ce ne sont pas les choses en tant que telles, mais les jugements (les pensées donc) que nous entretenons sur ces choses. »

Alors petite astuce pour rééduquer notre système de pensée… Parce que je glisse en passant que changer, évoluer, et bien ça passe par un vrai boulot au quotidien. Le développement personnel ce n’est pas des formules magiques et des incantations qui vont comme par magie changer les choses. Non, c’est du boulot, de la persévérance, de la discipline… Ceci étant dit, vous pouvez prendre un temps d’introspection. Commencer par identifier les ressentis, les sensations quand vous faites face à un inconfort. Comment ça se manifeste dans votre corps ? Où percevez-vous des tensions ? Comment décririez-vous, par une image par exemple, vos ressentis ? Et quelle pensée se cache derrière cet inconfort ? Quelles sont les petites phrases qui entretiennent ce stress ? Notez-les… Déposez-les sur le papier…

Première étape… La suite au prochain épisode… On y va petit pas après petit pas.